Avoir 14 heures de sommeil d'affilée, ça fait tout de même du bien après un long voyage. Malgré un réveil aux alentours de 4 heures du matin, heure locale (il est alors 21h en France), nous nous sommes rapidement endormis à nouveau pour nous reposer un maximum. Dès lors, nous quittons la K's House vers 11h30 pour rejoindre Yi et Thomas qui nous propose d'aller déjeuner au parc Yoyogi, près du temple Meiji. Lors de nos recherches, nous avions lu quelques informations sur ce temple ; de nombreux mariages et cérémonies traditionnelles y ont lieu. C'était un des endroits de Tokyo que j'avais vraiment envie de visiter.
Bref ! Direction : Shinjuku ! Nous nous baladons le long d'une grande avenue et en profitons pour faire une petite visite dans un magasin de souvenirs. Nous y trouvons des kimonos, des cartes postales, des esquisses, mais aussi des accessoires de cuisine, des katanas et même des netsuke (petite figurine, aux différentes effigies, utilisée pour nouer le obi, la ceinture traditionnelle portée sur le kimono ou yukata). Nous faisons du lèche-vitrines pendant une demie-heure et continuons notre route vers le parc Yoyogi. J'en profite pour filmer l'ambiance de la rue et découvre sur ma route une église catholique, ce qui est plutôt rare et sans doute d'autant plus sur une avenue fréquentée comme celle-ci. Ne me demandez pas pourquoi je parle en anglais ; je n'en ai pas la moindre idée.
Hop ! Nous traversons une passerelle et en profitons pour aller nous acheter des bentô dans un convenience store. Ces magasins sont souvent petits et remplis à ras-bord de nourriture. Vous êtes sûrs d'y trouver ce que vous voulez ! Petite précision, car j'ai mis pas mal de temps avant de m'en rendre compte : une fois à la caisse et votre commande validée, la caissière (ou le caissier ! Il y a autant d'hommes que de femmes pour ce boulot) vous donnera le prix (qui sera également affiché pour les non-japonophones, pas de panique). Vous remarquerez une sorte de petit récipient en plastique légèrement surélevé et relié à la caisse ; c'est l'endroit où vous déposerez votre argent. Ne le donnez pas directement au caissier. La raison ? Je n'en sais trop rien. Je suppose que c'est pour des soucis d'hygiène ou pour ne pas entrer en contact avec les clients. Quoi qu'il en soit, placez bien votre argent dans ce récipient ; ça évitera une gêne inutile aux gentils Japonais qui mettent un point d'honneur au respect de la clientèle. Par contre, la monnaie vous sera rendue de main à main.
Nous sommes donc sur la passerelle ; ce genre de pont reliant un trottoir à l'autre est très fréquent en ville, surtout pour les routes larges ou à double file. Ces passerelles sont très pratiques quand vous remarquez un magasin intéressant de l'autre côté de la route et qu'il n'y a pas de passages piétons à proximité. C'est juchée sur ce pont que j'ai remarqué pour la première fois la diversité tokyote. Regardez plutôt.
De nouveau, c'est propre, c'est net, mais surtout, le paysage est vraiment varié. Vous circulez auprès d'immenses buildings et de magasins dernier cri, vous tournez un coin de rue et vous découvrez des bâtiments à l'architecture ancienne, comme des vieux temples. Il y a également beaucoup d'arbres et peu de pollution sonore. Je ne m'avancerai pas quant à la pollution de l'air - il est notoire de croiser beaucoup de Japonais portant un masque pour se protéger de virus ou éviter de les transmettre - mais il n'y avait pas ce fog caractéristique des grandes villes. Je reviendrai sur la pollution sonore par la suite.
Armés de nos bentôs, direction le parc Yoyogi où nous nous arrêtons pour déjeuner. Nous trouvons rapidement un banc. Les corbeaux et les moineaux (qui me semblent encore plus petits qu'en Europe !) nous entourent et nous régalent de leurs cris... bizarres. Pierre-Louis m'explique que je n'ai jamais entendu le cri de vrais corbeaux (en Europe, il s'agirait plutôt de corneilles) ; celui des japonais ressemble à un drôle de "Kaaaa !" qu'ils font à répétition (vous les entendrez peut-être sur certaines vidéos si vous tendez l'oreille). Mais c'est surtout leur taille et leur bec qui sont impressionnants. Je vous assure qu'on n'a pas envie d'y mettre le doigt. Ils ne semblent pas de nature agressive, mais il est certain que je ne vais pas les courser comme je cours après les pigeons.
| Corbeaux du Japon. Autant ne pas les énerver. |
En entrant dans le parc, nous avons remarqué des arbres emplis de petits papiers de toutes les couleurs. Ayant lu quelques manga, nous nous doutons qu'il s'agit de souhaits formulés par les Japonais. La tradition veut que le voeu soit écrit sur un morceau de papier puis accroché à une branche, parfois à une grille. Je n'en connais pas la véritable signification, mais ça donne quelque chose de très joli, voire féerique. On n'a presque envie de s'y risquer également, mais on a l'impression d'être un peu "de trop". Nous nous contentons de regarder et de prendre quelques photos du parc avant de nous diriger vers le Temple Meiji.
| L'entrée du parc Yoyogi |
| Un arbre à souhaits |
| Un monsieur sympathique sous une arche du parc |
Yi nous abandonne le temps de notre visite du temple. Pour y accéder, nous empruntons une large allée entourée d'immenses arbres. Nous croisons quelques ouvriers qui doivent mourir de chaud dans leur combinaison de travail. Ils ont beau être à l'ombre, la température grimpe de plus en plus. Leurs chaussures nous font penser à celles d'un ninja, avec la scission caractéristique entre le gros et les autres orteils. Nous continuons notre chemin, entourés de tonneaux de saké et de vin français, offerts suite à une alliance, et arrivons devant un immense torii ; ces "portes" sont toujours aux abords des temples, mais il est rare d'en voir d'aussi impressionnants.
| Des tonneaux emplis de sake d'un côté... |
| Et des tonneaux de vin français de l'autre ! La question : sont-ils toujours pleins ? |
| Le torii aux abords du temple Meiji |
Nous voilà à l'intérieur du temple. Thomas se dirige tout de suite vers une sorte de bassin équipé de petites coupoles en bois à l'extrémité de bâton. Nous l'imitons, alors qu'il se rince les mains et les bras. Il nous explique qu'il est d'usage de procéder de la sorte afin de se purifier avant de pénétrer dans un temple. Nous pouvons également nous rincer la bouche. Cette pratique est étrange de prime abord, mais devient très vite une habitude, d'autant plus qu'elle est agréable (un peu d'eau fraîche sur les bras par cette chaleur, ça fait toujours du bien !).
| L'entrée du temple Meiji |
Malheureusement, une partie du temple est fermée pour cause de travaux ou de préparatifs et aucune cérémonie n'y a lieu ce jour-là. Déception, donc. D'autant plus que les mariages traditionnels japonais se font dans des kimonos superbes ! Bref, nous faisons un petit tour de la propriété. C'est vraiment magnifique. Les gens sont calmes et respectueux. Il y a des petits stands où on peut acheter des tas d'articles en rapport avec le temple, notamment des petites plaques en bois avec des mots calligraphiés que l'on peut accrocher auprès du temple. Nous supposons qu'ils concernent le "bonheur", la "réussite" ou la "non-maladie". Les attitudes de recueillement sont très belles et reposantes. On se sent une nouvelle fois un peu "en trop" ; nous avons le sentiment que nous n'appartenons pas à cet univers, ce lieu qui force le respect et l'humilité, mais nous nous sentons également très bien. Très zen. Les immenses arbres taillés en sphère et leurs racines et tronc torturés ajoutent à cette ambiance de détente.
Il nous reste encore beaucoup de choses à faire aujourd'hui ; Thomas nous a prévus tout un programme. Nous rejoignons Yi dans un magasin où elle s'achète un T-shirt pour mieux supporter la chaleur. Et maintenant, direction Shibuya!
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